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 J'exige la rupture en matière de politique africaine.

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damienilla
Novice à roulettes
damienilla

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MessageSujet: J'exige la rupture en matière de politique africaine.   J'exige la rupture en matière de politique africaine. Icon_minitime14/11/2007, 11:28

Centrafrique : une guerre française oubliée (I/II)

En 2007, les soldats français ont combattu les rebelles en République Centraficaine au côté des troupes du président François Bozize. A plusieurs reprises les Mirages basés au Tchad ont bombardé les positions des insurgés, au milieu de la population civile. Cette guerre oubliée de tous a dévasté les régions du nord et fait plus de deux cent mille réfugiés dans l’indifférence générale. Johann Hari a enquêté sur place pour The Independent et nous donne son témoignage sur un pays qui a été ravagé par les affrontements sanglants, où la France continue à faire et défaire les régimes au gré de son intérêt.
Depuis 40 ans, le gouvernement français mène en Afrique une guerre secrète, ignorée non seulement des français, mais aussi du monde entier.

La France a renversé des démocrates pour installer dictateur après dictateur - finançant et alimentant un terrible génocide.

Cette guerre sanglante a provoqué la fuite de milliers de réfugiés qui ont traversé la frontière de la République Centrafricaine vers le Darfour pour tenter de trouver un havre de paix dans l’une des régions les dangereuse du monde.

Johann Hari, The Independent, 5 octobre 2007

Birao, République Centrafricaine - J’ai pour la première fois entendu la rumeur de cette guerre en mars dernier, quand les journaux relataient brièvement que les militaires français bombardaient la ville de Birao, dans le nord-est de la République Centrafricaine. Pourquoi ces soldats français luttaient-ils là, à des milliers de kilomètres de leur patrie ? Pourquoi étaient-ils intervenus en Afrique Centrale de cette manière depuis tant de décennies ? Ne trouvant ici aucune réponse à cette question, j’ai donc décidé d’aller enquêter sur place sur cette guerre oubliée de la France.
Birao : Sur le champs de bataille

Je suis sur les lieux du dernier champ de bataille, contemplant les rues boueuses et abandonnées, parsemées de cendre. La ville de Birao est quasi-déserte, pour la première fois depuis 200 ans. A des kilomètres à la ronde toutes les maisons sont brûlées et abandonnées, avec des enfants visiblement affamés, sautillant parmi des débris. Quels étaient tous ces bâtiments ? Sur un panneau vert sale accroché sur une bâtisse réduite à un tas de cendres on peut lire « Ministère de la Justice ».

Sur la place du marché, les gens qui sont revenus vendent quelques réserves rares - du riz et du manioc, les produits locaux - et parlent calmement. Aux abords de la ville, il y a des soldats africains armés et entraînés par les Français, affalés derrière des sacs de sable, pointant nerveusement leurs mitrailleuses sur les passants. Ils chantent des hymnes nationalistes et rêvent de leur maison.
Pour arriver ici, on doit voyager huit heures en empruntant le vol hebdomadaire de l’ONU qui emporte huit passagers au plus et monter ensuite à l’arrière sur le plateau d’un camion rouillé et rouler durant une heure sur des routes ravagées et défoncées. Il est difficile de savoir quand vous êtes arrivés, car seuls le vide et le silence vous accueillent. Qu’est-il arrivé ici ? J’ai posé la question à Mahmoud - l’ un des 10 pour cent des résidents de Birao qui sont revenus parmi les ruines - qui se tenait tristement assis dans la boue et la poussière,

C’est un fermier de 45 ans, amaigri. Il explique, d’une voix basse, lente, comment sa ville natale en est arrivée là. « Je me suis réveillé pour les prières du matin le 4 mars et il y avait des tirs d’artillerie partout. Nous avons été très effrayés ainsi nous sommes restés dans la maison et avons espéré qu’il s’arrêterait. Mais alors, au début de l’après-midi, les enfants de mon frère sont venus en courant à notre maison, en pleurant et en criant. Ils nous ont dit le Forcés Armées Centrafricaines [Faca - l’armée entraînée et équipée par les Français, au bénéfice de leur homme fort, le Président François Bozize] étaient entré dans leur maison. Ils ne se calmaient pas et n’expliquaient rien. Donc j’ai accouru et j’ai vu mon frère allongé à terre à l’extérieur, mort. Sa femme m’a expliqué qu’ils avaient arrêté, avec trois autres voisins. Ils les ont emmenés dehors et exécutés, un par un, d’une une balle en pleine tête. »

L’ami de Mahmoud, Idris, vivait à proximité et a lui aussi pour sa vie. Il raconte : « nous pouvions voir les villages brûler. Les enfants criaient et ont eu vraiment peur, donc nous nous sommes dirigés deux kilomètres en dehors de la ville, dans la jungle. De là, nous pouvions voir notre ville entière en feu. Nous avons fui le long du fleuve et sommes restés là-bas. Nous avons mangé des poissons, mais il n’y avait pas beaucoup. Certains jours nous ne pouvions rien attraper et nous étions morts de faim. Les enfants ont été si terrifiés. Même maintenant, quand ils entendent du grand bruit, ils croient qu’il y a des tirs d’armes. Ils sont traumatisés. » Idris regarde dans le vide et poursuit : « le quatrième jour, nous avons vu des avions français arriver. Ils ont tirés chacune de leurs six fusées. Les explosions étaient terribles. Nous ne savons pas ce qu’ils visaient, et pourquoi. Puis, des soldats français sont arrivés.... »

Un camion militaire rempli de militaires français passe en vrombissant peu après. Les soldats, hâlés, portant lunettes de soleil à la mode, se demandent visiblement avec anxiété "Qu’ est-ce que je fais ici ?".

Pendant que Mahmoud et Idris me parlent, le jour baisse. Une noirceur et un silence étouffant envahissent la ville. Il n’y a ni électricité ni clair de lune. La nuit venue, ils m’expliquent alors la raison pour laquelle les militaires soutenus par les français ont commencé les tirs et les bombardement en mars dernier : les gens du pays avaient commencé à se révolter contre le Président Bozize, désespérés qu’il n’ait rien fait pour eux. Les gens ici étaient las de n’avoir « aucune école, aucun hôpital et aucune route. »
« Nous sommes complètement isolés, » expliquent-ils. « Quand il pleut, nous sommes coupés du monde parce que les routes se transforment en fondrières. Nous n’avons rien. Tout ce que ces rebelles demandaient c’était de l’aide gouvernementale. » Sur les mauvais chemins autour de Birao, j’entendrais cela à chaque fois : ces « rebelles » mendiaient tout simplement l’aide gouvernementale pour des gens affamés, abandonnés. Même les soldats français perplexes et les sbires de Bozize, envoyés dans la région, l’admettent en privé. Pourtant la réponse française a consisté a bombarder les pick-up des « rebelles. » Pourquoi ? Qu’ y a-t-il là bas de si important ?

En explorant la jungle, dans les alentours, je me rends compte que de nombreux résidents de Birao se cachent toujours en dehors de la ville, risquant leurs vies au milieu des bêtes sauvages. Dans les régions du nord-ouest dévastées de la même façon, j’ai suivi l’UNICEF jusque dans la jungle et vu un peu partout ces groupes dispersés de familles affamées.
Dans une clairière, je rencontre un groupe de quatre hommes avec leurs femmes et mères, nettoyant la terre avec, comme seul outil, leurs mains nues pour essayer de planter des plants de cacahuètes. Ils vivent dans des cabanes faites à la main et se nourrissent des souris attrapées avec des pièges. Ariette Nulguhom berce son petit-fils de huit mois au ventre gonflé et prie pour qu’il survive encore à une autre nuit. Elle me dit qu’il « a été malade pendant longtemps. Nous avons essayé de trouver un infirmier, mais il n’y a aucun. Nous croyons que c’est la malaria, mais il n’y a aucun soin ici. Nous ne savons pas ce qui arrivera... Nous sommes tous faibles et fébriles. Nous sommes épuisés parce que nous travaillons tout le jour, chaque jour. Je n’ai pas mangé pendant des jours maintenant. » En abandonnant leurs maisons, ils ont également perdu tout accès à l’hygiène, l’eau, l’électricité et aux soins. Quand les Forces Gouvernementales des Faca ont brûlé ces maisons, ils ont aussi brûlés l’héritage des 18ème, 19ème et 20ème siècles

C’est un coin oublié d’un pays oublié. Birao vit et meurt à l’écart, au nord-est de la République Centrafricaine. La RCA, peuplée de 3.8 millions d’habitants, occupe un territoire plus grand que la France, sans débouché sur la mer, situé exactement au coeur de l’Afrique. C’est le pays le moins médiatisé au monde. Même lorsque 212,000 personnes sont chassées de leurs foyers par cette guerre, aucun écho n’apparaît sur le radar du monde. A Birao, je réalise que je suis trop proche des atrocités immédiates pour pouvoir découvrir les causes plus profondes de cette guerre. Je commence seulement à démêler les origines de cette histoire quand soudain je tombe sur un vieil homme, ce qui est très rare en Centrafrique.

Paoua : Un pays d’enfants

En République Centrafricaine, vous contredisez les statistiques si vous vivez plus vieux que 42 ans. Par moment, cela a l’air d’un pays d’enfants, bourdonnant avec des rires durcis autour de vous, le fusil en main, sans aucun adulte en vue. Ainsi quand je vois Zolo Bartholemew boitant dans les débris incendiés de la ville - cette fois-ci dans le nord-ouest du pays, à l’extérieur de la ville de Paoua - il a l’air d’un mirage. Il n’a aucune dent, un visage fripé et quand je lui demande son âge, il ne le sais pas. Mais il se souvient. Il se souvient de la fin de la première présence des Français ici - et pourquoi ils étaient là.

« J’ai regardé mes parents forcés à travailler dans les champs quand j’étais un enfant, » dit-il en Sango, la langue locale. « Quand ils sont devenus fatigués, ils ont été fouettés et battus pour aller plus vite. Ca a ressemblé constamment à cela. » Le drapeau français a été d’abord hissé dans le coeur de l’Afrique le 3 octobre 1880, sur la rive droite du Congo au nom de la Liberté, l’Egalité et la Fraternité - pour l’homme blanc. Le territoire a été rapidement découpé entre les sociétés françaises, à qui on a donné le droit d’asservir les gens, comme les parents de Zolo, et de les forcer pour récolter le caoutchouc. Ce caoutchouc était produit pour les pneus automobiles vendus à Paris, Londres et New York. Un missionnaire français, le Père Daigre, a décrit ce qu’il a vu : « il est commun de rencontrer de longues files de prisonniers, nus et dans un état pitoyable, traînés par une corde autour de leurs cous. Ils sont affamés, malades et tombent comme des mouches. Ceux qui sont vraiment malades et les petits enfants ont étés abandonnés dans les villages pour mourir d’inanition. Les gens moins affectés tuent souvent les mourants, pour s’alimenter. »

Zolo fait un signe de la tête. « Quand les Blancs étaient ici, nous avons souffert même plus » dit-il. « Ils nous ont forcés à travailler. Nous étions des esclaves. »

Un administrateur français, horrifié, a écrit au cours des années 1920 que les gens du pays ont lutté contre leur asservissement par les entreprises coloniales en devenant « troglodytes, en se nourrissants minablement des racines jusqu’à ce qu’ils meurent de faim, plutôt qu’accepter ces fardeaux terribles. ». Les régions qui étaient « il y a seulement quelques mois riches, peuplées et durablement occupées en de grands villages » sont devenues, écrit-il, « des terres et des plantations à l’abandon, parsemées des villages délabrés. »
Mais dans les années 1950, les hommes comme Zolo se sont soulevés en refusant la servitude. « Nous avons suivi Boganda, » dit-il. Barthélemy Boganda est né dans un village Centrafricain, près d’ici, en 1910 et, comme enfant, il a vu sa mère se faire battre à mort par des gardes, responsables de la cueillette du caoutchouc pour une société française. Il a monté les échelons progressivement à travers la prêtrise Catholique, s’est marié avec une femme française pour devenir rapidement le chef du mouvement pour la démocratie en Centrafrique. Il commençait ses discours à l’adresse des Français en se présentant comme le fils d’un cannibale polygame, puis en leur donnant ensuite un cours sur les valeurs de la révolution française, avec une facilité qui les laissait stupéfiés et honteux. Il était le visionnaire d’une Afrique démocratique au-delà des tribus, au-delà des races et au-delà du colonialisme. Il était le défenseur passionné de la pluralité des partis politiques, de la presse libre et des droits de l’homme. Il s’enthousiasmait à l’idée d’États-Unis d’Afrique, alliant les pays de l’Afrique Centrale.

« Et ils l’ont tué, » dit Zolo, qui hoche de la tête, frappant le sol du pied. Le 29 mars 1959, peu de temps après que l’ère du pouvoir direct de la France ait pris fin, l’avion du Président Boganda a explosé en vol. La presse française a fait état d’ « objets suspects » trouvés dans les restes du fuselage - mais sur les ordres du gouvernement français, l’enquête locale a été abandonnée. A sa place, les français ont installé le dictateur David Dacko. Il a rapidement aboli les réformes démocratiques de Boganda, a ramené beaucoup de sociétés françaises et a réinstauré leur vieux système du travail forcé, en le rebaptisant « travail au village. » La domination française sur la République Centrafricaine, se souvient- Zolo, n’a pas pris fin avec « l’indépendance. » Elle s’est simplement transformée, prenant une forme nouvelle, plus insaisissable, qui est à la racine de la guerre actuelle.

Mais les preuves se trouvent au loin, à l’ouest, dans la capitale. « Rien n’arrive dans ce pays sans que quelqu’un tire un levier à Paris, » me confie un chauffeur de taxi alors que je prends le chemin de Bangui à l’extrême sud du pays. En passant au milieu des hordes d’enfants dans la rue, la voiture soulève un nuage de poussière rouge. J’ai rendez-vous avec un responsable clandestin de l’opposition.

L'article complet sur:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1429
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MessageSujet: Re: J'exige la rupture en matière de politique africaine.   J'exige la rupture en matière de politique africaine. Icon_minitime15/11/2007, 07:00

l afrique ? l esclavage ? c est fini ?
moi aussi je suis pour une afrique libre , l abolition de l esclavage ce n est qu un putain de papier avec de l encre dessus , apres l ideologie qui est dessus , n est pas respecter .
en plus on veut faire des biocarburants ... deja qu on as des bananes et du cafe (surtout nescafe qui as bien attandus que les ethipiens crevent pour racheter des terres pour trois ceceterces pandant que michael jackson chantais ) , que les terres d afriques sont exploites pour le profit de l europe et en aucun cas pour ses habitants , je trouve honteu ceux qui fetes la fete de l abolition de l esclavage , moi je ne peut pas , surtout quant il y as le FMI et la banque mondial ... et l ONU qui amenent des caques bleus des anciens "maitres" comme en cotes d ivoires (ils n y as que l armee francaise , c est un jolie hazard ...) c est vrement ecoeurant .

moi aussi j aimerai que l europe unis et les autres etats arretent d essayer d aider l afrique , car ce n est pas de l aide qui est dispandus , mais bien l instoration de dictatures au profit des etats blancs , des anciens "maitres" , pour continuer a avoir des bananes a 5 centimes d euros le kilos ou d autres substances as "gratuit" .
pandant ce temps ont mangent des produits de luxe a pas chere sur le dos des esclaves ... meme le nucleaire c es a cause des esclaves ... monde de merde .
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MessageSujet: Re: J'exige la rupture en matière de politique africaine.   J'exige la rupture en matière de politique africaine. Icon_minitime15/11/2007, 10:32

Je rappelle que les USA et les chinois font la même chose en afrique, donc il faudrait arréter de casser du sucre sur le dos de la france Wink
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MessageSujet: Re: J'exige la rupture en matière de politique africaine.   J'exige la rupture en matière de politique africaine. Icon_minitime

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